Le Panafricain

Publicité · Proposé par Menz OKUMA, nom de plume de l’éditeur du Panafricain

Couverture : Les Héritiers des Masques, Tome 1 : Le Souffle de Bruxelles

Qui décide quand un masque est rentré chez lui ?

Les Héritiers des Masques, Tome 1 : Le Souffle de Bruxelles. Le thriller du plus grand casse jamais tenté : reprendre à l’Europe ce qu’elle a pris à l’Afrique.

Découvrir le roman

Restitutions : la France rend des objets, l'Afrique doit reprendre la parole

Le 5 octobre 2026, Romuald WADAGNI a relancé à l'Élysée la demande de 35 biens béninois, cinq mois après une loi française qui rend des objets sans nommer la colonisation. L'Afrique doit en faire un levier et reprendre aussi les tuyaux par lesquels se raconte son histoire.

Par la rédaction

29 octobreAGOA prolongé, Afrique surtaxée : le continent doit s'armer d'intelligence économique

29 octobreListe rouge, quotas, visas : comment le monde vieillissant trie la jeunesse africaine

Le chiffre du jour

7 248 milliards de FCFA

Niveau des réserves de change de la zone CEMAC fin avril 2026, en recul sous la pression des importations et du service de la dette. Des réserves qui s’érodent, c’est une marge de manœuvre qui se referme pour six États et une parité fixe à défendre.

Source : Capmad et gabonmediatime, d’après la BEAC, consulté le 27/10/2026. À vérifier sur source primaire BEAC.

Les fiches pays

Tous les pays →
Carte de situation : Madagascar

Madagascar

Madagascar est le paradoxe africain porté à son comble : une île continent d'une richesse naturelle inouïe, premier fournisseur mondial de vanille, deuxième producteur de graphite, dotée de nickel, de cobalt, d'ilménite et de terres rares, et pourtant l'un des trois ou quatre pays les plus pauvres de la planète, où plus des trois quarts de la population vivent sous le seuil d'extrême pauvreté. À l'automne 2025, cette contradiction a explosé dans la rue : partie de la colère contre les coupures d'eau et d'électricité de la compagnie publique JIRAMA, une révolte de la jeunesse a emporté en trois semaines le président Andry Rajoelina, dont la nationalité française cachée avait miné la posture souverainiste. L'unité militaire CAPSAT a rejoint les manifestants, l'Assemblée a destitué le chef de l'État en fuite, et le colonel Michael Randrianirina a pris le pouvoir en octobre 2025, ouvrant une transition militaire de refondation jusqu'aux élections promises pour 2027. Le pays reste suspendu de l'Union africaine. L'économie, elle, est captée à sa racine : la vanille part en gousses au prix imposé par les acheteurs du Nord, le nickel d'Ambatovy s'exporte en métal brut sous cyclone, l'ilménite enrichit un major étranger, et le riz importé a doublé en un an. Le nouveau pouvoir a rouvert le sous-sol aux capitaux étrangers début 2026. Tout se joue désormais sur un mot : refonder, ou recommencer.

Carte de situation : Malawi

Malawi

Le Malawi est l'un des pays les plus pauvres du monde, et il vient de changer de capitaine sans changer de cap forcé. En septembre 2025, l'ancien président Peter Mutharika, quatre-vingt-cinq ans, a repris le pouvoir en battant largement Lazarus Chakwera, sanctionné par une inflation à trente pour cent, une pénurie chronique de devises et des files d'attente au carburant. Le pays vit sous une double contrainte structurelle : une économie agricole où le tabac pèse encore près de six exportations sur dix, et un enclavement qui rend chaque baril, chaque engrais, chaque médicament dépendant du corridor mozambicain de Nacala. Le kwacha officiel est décroché de moitié du marché parallèle, les réserves couvrent moins d'une semaine d'importations, la dette publique frôle les niveaux d'avant l'annulation de 2006, et le programme du Fonds monétaire international a déraillé en 2025. Mais un espoir minier surgit : l'uranium de Kayelekera a redémarré, et les projets géants de Kasiya, de Songwe Hill et de Kanyika placent soudain le pays sur la carte des minerais critiques, avec une promesse de plusieurs milliards de dollars par an. La question souveraine est simple : le Malawi transformera-t-il cette rente annoncée, ou la verra-t-il repartir brute comme le tabac hier.

Carte de situation : Mali

Mali

Le Mali est le laboratoire le plus radical de la rupture souverainiste africaine, et son épreuve la plus dure. Sorti de la CEDEAO en janvier 2025 avec le Burkina Faso et le Niger, il construit dans l'Alliance des États du Sahel une confédération dotée d'un passeport commun, d'une banque d'investissement et d'une force unifiée. Sur le terrain de la rente, il a fait plier la première major aurifère mondiale : après deux ans de bras de fer, saisie d'or, mine placée sous administration provisoire et employés détenus, Barrick a payé environ 430 millions de dollars, signé le code minier de 2023 et récupéré Loulo-Gounkoto fin 2025. Une raffinerie d'or nationale sort de terre, le lithium de Goulamina expédie ses premiers concentrés, le coton et le riz de l'Office du Niger tiennent le front alimentaire. Mais la reconquête de la valeur se joue sous étranglement : depuis septembre 2025, le JNIM impose un blocus des carburants qui asphyxie Bamako, un pays qui importe la quasi-totalité de son essence par la route. Délestages massifs, écoles fermées par vagues, transition prolongée sans horizon électoral : le Mali teste, en conditions extrêmes, la question que toute l'Afrique se pose, celle du prix de la souveraineté.

Carte de situation : Maroc

Maroc

Le Maroc est le pays africain qui a le plus méthodiquement converti sa géographie en stratégie. Assis sur environ soixante-dix pour cent des réserves mondiales de phosphates, devenu premier constructeur automobile du continent et premier pôle aéronautique africain, adossé au port de Tanger Med qui commande le détroit de Gibraltar, le royaume a bâti en vingt ans une remontée industrielle que peu d'États du Sud ont réussie. Sa diplomatie a engrangé en 2025 une victoire majeure : le Conseil de sécurité a consacré le plan d'autonomie marocain comme base du règlement au Sahara occidental, aboutissement d'une décennie d'offensive vers l'Afrique, l'Atlantique et les capitales occidentales. Mais la même année, la rue a rappelé l'autre versant du modèle : le mouvement Gen Z 212, né de la mort de parturientes dans un hôpital public, a mis à nu l'écart entre les stades du Mondial 2030 et l'état de la santé et de l'école. Ajoutez un stress hydrique structurel, une dépendance énergétique et céréalière massive et une insertion subordonnée dans les chaînes de valeur européennes : le Maroc de 2026 est une puissance ascendante dont la souveraineté reste à consolider par le bas autant que par le haut.

Carte de situation : Maurice

Maurice

Maurice est l'anomalie africaine : un archipel sans matières premières qui affiche le revenu par habitant le plus élevé du continent, une démocratie stable et une économie de services que le monde cite en modèle. Sa prospérité repose pourtant sur une rente d'intermédiation fragile. La place financière internationale, longtemps passerelle d'investissement vers l'Inde et désormais tournée vers l'Afrique, vit sous la surveillance des normalisateurs occidentaux qui l'ont inscrite sur leur liste grise en 2020 avant de l'en retirer en 2021. Le tourisme a battu ses records en 2025, mais le sucre décline, le textile se délocalise et la dette publique frôle les quatre-vingt-dix pour cent du produit intérieur brut. En novembre 2024, les électeurs ont congédié le pouvoir Jugnauth et rappelé Navin Ramgoolam, qui hérite d'un déficit béant et d'une crise de l'eau. La rupture majeure est ailleurs : en 2025, Londres a cédé la souveraineté de l'archipel des Chagos à Maurice tout en conservant, par un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans, la base de Diego Garcia. Victoire diplomatique historique, elle place l'île au coeur du jeu indo-pacifique. Reste la question souveraine : transformer une rente d'intermédiaire en puissance productive et faire de Maurice la porte assumée de l'Afrique.

Carte de situation : Mauritanie

Mauritanie

La Mauritanie entre dans l'ère de la rente gazière au moment précis où le Sahel s'effondre autour d'elle, et ce double basculement fait d'un pays longtemps périphérique un pivot stratégique de l'Afrique atlantique. Le champ Grand Tortue Ahmeyim, partagé avec le Sénégal et opéré par BP, a expédié son premier gaz naturel liquéfié au printemps 2025 et monte en puissance en 2026 ; le fer de la SNIM vise le triplement de ses volumes à l'horizon 2031 ; l'or de Tasiast, l'uranium du Tiris et des mégaprojets d'hydrogène vert parmi les plus vastes du monde complètent un portefeuille de ressources exceptionnel. En face, le passif est tout aussi structurant : une économie qui exporte tout brut et ne transforme presque rien, une société encore fracturée par les séquelles de l'esclavage et la marginalisation des Haratines, une position de sous-traitant migratoire de l'Union européenne, et des eaux parmi les plus poissonneuses du monde dont la rente part vers les flottes étrangères et les usines de farine de poisson. L'exception mauritanienne est réelle : aucun attentat jihadiste depuis 2011, une diplomatie d'équilibre entre Maroc, Algérie et Alliance des États du Sahel, une stabilité que toute la région lui envie. La question souveraine est désormais brutale : cette stabilité et ces ressources serviront-elles à bâtir un État stratège, ou à prolonger une économie de comptoir mieux dotée que jamais ?

Hors-série n° 1

40 CARTES

pour comprendre l’Afrique souveraine

Ressources, monnaies, dettes, corridors, données, armées, peuples : 40 cartes et infographies pour comprendre qui tient les leviers du continent, et comment l’Afrique reprend la main.

Découvrir le hors-sérieNovembre-décembre 2026 · cartes et magazine PDF réservés aux abonnés
  1. 01Souveraineté monétaire & financière
  2. 02Ressources critiques & minéraux stratégiques
  3. 03Guerre économique & intelligence stratégique
  4. 04Souveraineté numérique & tech
  5. 05Sécurité, défense & résolution des conflits
  6. 06Intégration continentale (ZLECAf, marchés, corridors)
  7. 07Diplomatie souveraine & repositionnement international
  8. 08Diasporas & synergies mondiales des peuples noirs
  9. 09Climat, énergie & transition écologique souveraine
  10. 10Démographie, jeunesse & capital humain
  11. 11Éducation, sciences & innovation africaine
  12. 12Santé, industrie pharmaceutique & souveraineté sanitaire
  13. 13Culture, patrimoine, restitution & récits
  14. 14Justice, droit & État de droit
  15. 15Genre, générations & rapports sociaux
  16. 16Agriculture, souveraineté alimentaire & terres
  17. 17Villes, urbanisation & infrastructures

L’Afrique, pays par pays

Les six régions →

Et la Diaspora, sixième région de l’Union africaine depuis 2003.

Une presse africaine qui ne dépend d’aucun État

Le Panafricain vit de ses lecteurs. Chaque chiffre publié porte sa source, aucune donnée de lecteur n’est revendue, et la charte d’indépendance dit qui nous paie.

Tous nos articles, Le Réveil et les fiches pays complètes

dès 4,16 € par mois

« Ce que nous avons à faire, ce n'est pas emprunter cette voie ou cette voie occidentale ; nous devons créer notre propre voie africaine. »
Cheikh Anta Diop