Monétaire & financier
Mur de refinancement en 2026 sur un marché régional coûteux, sans programme FMI financé
Le programme de référence du FMI, sans financement, s'est achevé le 18 mars 2026 ; 1 285 milliards de FCFA de dette arrivent à échéance en 2026 et l'objectif d'émission a été porté à 1 450 milliards. En août 2026, le Mali empruntait encore autour de 7,5 % à 3 ans, pour un encours régional de 2 640,54 milliards de FCFA. Un repli des recettes aurifères ou une défiance des investisseurs ferait renaître les arriérés (102,8 milliards de FCFA d'arriérés extérieurs fin 2025).
Probabilité 3/5 · impact 3/5 · horizon 1 à 3 ans
À surveiller : Taux de couverture des adjudications du Mali sur UMOA-Titres ; rendement des obligations à 3 ans au-delà de 8 % ; ouverture de négociations sur un programme FMI avec financement
Source : FMI, « Mali: Second Review Under the Staff-Monitored Program, Press Release and Staff Report » (rapport pays n° 26/165), juillet 2026 ; UMOA-Titres, « Situation du marché au 31 août 2026 », septembre 2026
Souveraineté numérique
Taxation du mobile money et dépendance budgétaire envers les opérateurs télécoms
En 2025, le Mali a créé de nouvelles taxes sur l'argent mobile, en partie affectées à des fonds spéciaux, et sa balance courante a bénéficié d'un paiement exceptionnel lié au renouvellement de la licence d'un grand opérateur. Le FMI juge ces taxes inefficientes et susceptibles de freiner l'inclusion financière. Le risque : un retour au cash et une pression fiscale croissante sur un secteur devenu une variable d'ajustement budgétaire.
Probabilité 3/5 · impact 2/5 · horizon 1 à 3 ans
À surveiller : Volume des transactions de monnaie électronique publié par la BCEAO ; nouvelles taxes sectorielles dans la loi de finances 2027 ; part des recettes fiscales payées électroniquement (43,3 % fin 2025)
Source : FMI, « Mali: Second Review Under the Staff-Monitored Program, Press Release and Staff Report » (rapport pays n° 26/165), juillet 2026
Ressources & chaînes de valeur
Or : production industrielle effondrée et contrôle étatique accru de la filière
Après le différend avec Barrick réglé en novembre 2025, Loulo-Gounkoto n'a produit que 36 200 onces en 2025 contre 723 000 en 2024 ; la licence de Loulo a été renouvelée le 13 février 2026 pour dix ans, à des conditions non publiées. Début juillet 2026, l'État a créé un office chargé de centraliser l'or artisanal. Toute nouvelle friction avec les exploitants priverait l'État de sa première source de devises.
Probabilité 3/5 · impact 4/5 · horizon 1 à 3 ans
À surveiller : Production trimestrielle de Loulo-Gounkoto publiée par Barrick ; publication de la convention d'établissement renégociée ; écart entre exportations d'or déclarées et importations des pays acheteurs
Source : Agence Ecofin, « Mali Renews Loulo License for Barrick, Key Terms Still Unclear », 16 février 2026 ; Africanews, « Mali creates state body to regulate gold trade », 3 juillet 2026
Énergie & infrastructure
Blocus jihadiste des carburants : électricité rationnée et économie ralentie
Le JNIM impose depuis septembre 2025 un embargo sur les carburants ; fin janvier 2026, Bamako ne recevait que six à huit heures d'électricité par jour et les villes de l'intérieur dépendaient du marché noir. Le 28 avril 2026, le groupe a proclamé le blocus de Bamako sur tous les axes. Toute rupture des convois escortés de citernes paralyserait production électrique, transport et services.
Probabilité 5/5 · impact 4/5 · horizon 12 mois
À surveiller : Nombre de citernes importées par semaine (753 la semaine du 19 au 25 janvier 2026) ; heures de fourniture électrique à Bamako ; attaques de convois sur les axes de Kayes et de Ségou
Source : RFI (repris par allAfrica), « Mali: Au pays, l'approvisionnement en carburant plie mais ne rompt pas », 3 février 2026 ; Seneweb, « Sahel : chronique d'un effondrement annoncé », 20 mai 2026
Sécurité & conflits
Offensive coordonnée du JNIM et du FLA : Kidal perdu et attaques jusqu'à Kati
Le 25 avril 2026, le JNIM et le FLA ont attaqué Kati, où le ministre de la Défense Sadio CAMARA a été tué, ainsi que les abords de l'aéroport de Bamako, Sévaré, Gao et Kidal, où le FLA a hissé son drapeau. Selon des sources citées par Reuters, plus de 100 soldats ont été tués dans le centre en septembre 2026, notamment à Dioura le 10 septembre. Le contrôle du centre et des axes vers la capitale est en jeu.
Probabilité 5/5 · impact 5/5 · horizon 12 mois
À surveiller : Contrôle de Kidal, Tessalit et Aguelhoc ; attaques à moins de 100 km de Bamako ; pertes déclarées de l'armée et de l'Africa Corps
Source : Reuters (repris par Business Day), « Mali's defence minister reported killed as jihadists storm major centres », 26 avril 2026 ; Reuters (repris par TimesLIVE), « More than 100 Malian soldiers killed in rebel attacks in September: sources », 21 septembre 2026
Gouvernance & état de droit
Pouvoir militaire sous tension : purges, partis dissous et vide au sommet sécuritaire
Selon Crisis Group (janvier 2026), les autorités ont dissous les partis, arrêté deux anciens Premiers ministres et procédé à des purges après une tentative de coup d'État alléguée en août 2025. Après les attaques du 25 avril 2026, la justice militaire a enquêté sur des complicités internes et une vague d'arrestations a suivi. La mort du ministre de la Défense fragilise un appareil où le pouvoir reste concentré autour d'Assimi GOÏTA.
Probabilité 3/5 · impact 5/5 · horizon 12 mois
À surveiller : Remaniements à la tête de l'armée et du renseignement ; arrestations d'officiers ou de responsables politiques ; annonces sur la durée de la transition
Source : International Crisis Group (repris par allAfrica), « West Africa: Jihadist Conflict in Mali and Burkina Faso Creates Risk of Regime Collapse and More Chaos », 2 janvier 2026 ; SenePlus, « Mali, la junte fragilisée par l'offensive des groupes armés et le risque d'effondrement économique », 20 mai 2026
Diplomatie & alliances
Partenariat sécuritaire russe éprouvé et rapprochement retrouvé avec Alger
Selon Reuters, quelque 200 militaires russes ont quitté Kidal le 26 avril 2026 en vertu d'un accord avec le FLA, sur environ 2 500 déployés dans une vingtaine de bases. Le 10 juillet 2026, Alger a renvoyé son ambassadeur à Bamako et rouvert son espace aérien après quinze mois de crise. Si l'Africa Corps réduisait son engagement, le Mali n'aurait pas de partenaire de substitution immédiat pour l'appui aérien et le renseignement.
Probabilité 3/5 · impact 4/5 · horizon 1 à 3 ans
À surveiller : Effectifs et emprises de l'Africa Corps ; visite d'Assimi GOÏTA à Alger et réunion de la commission mixte ; accords sécuritaires conclus avec d'autres partenaires
Source : Reuters (repris par Kuwait Times), « Jihadist, separatist attacks put Mali at risk of splintering », 27 avril 2026 ; TSA Algérie, « L'Algérie et le Mali rétablissent leurs relations diplomatiques et aériennes », 11 juillet 2026
Cohésion sociale
Asphyxie économique des ménages et massacres de civils dans le centre du pays
Fin 2025, le blocus a fermé écoles et universités pendant au moins deux semaines et doublé le prix de certains légumes à Bamako. Le 6 mai 2026, des attaques à Kori-Kori et Gomossogou, dans la région de Bandiagara, ont tué plus de 60 civils selon les chasseurs dozos. La combinaison de pénuries, de hausse des prix et de violences communautaires accroît les déplacements et l'insécurité alimentaire.
Probabilité 4/5 · impact 4/5 · horizon 12 mois
À surveiller : Prix des légumes, du gaz butane et des transports à Bamako ; nombre de déplacés internes (OIM) ; massacres de civils dans les régions de Bandiagara, Mopti et Ségou
Source : RFI (repris par allAfrica), « Mali: Les conséquences du blocus sur l'économie et le quotidien à Bamako », 4 novembre 2025 ; Seneweb, « Sahel : chronique d'un effondrement annoncé », 20 mai 2026