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Les grands corridors africains

Rail, routes, oléoducs et gazoducs : les tracés qui relient les mines aux ports, désenclavent l’intérieur du continent et redessinent les rapports de force. Pour chacun, qui finance, qui exploite, où en est le chantier et ce qui a changé récemment.

18

corridors suivis

33

pays traversés

13

en service, en tout ou partie

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en projet ou en travaux

Corridor nord et SGR kényan·Voir toute la carte

ZimbabweZambieOugandaTunisieTogoTanzanieEswatiniSoudan du SudSoudanAfrique du SudSomalieSierra LeoneSeychellesSénégalSao Tomé-et-PrincipeRwandaNigeriaNigerNamibieMozambiqueMarocSahara occidentalîle MauriceMauritanieMaliMalawiMadagascarLibyeLiberiaLesothoKenyaGuinée-BissauGuinéeGhanaGambieGabonÉthiopieÉrythréeGuinée équatorialeÉgypteDjiboutiCôte d’IvoireRDCCongo-BrazzavilleComoresTchadCentrafriqueCap-VertCamerounBurundiBurkina FasoBotswanaBéninAngolaAlgérieCorridor de Lobito : rail, en service en partieChemin de fer TAZARA (Tanzanie-Zambie) : rail, en serviceCorridor central et SGR tanzanien : rail, en service en partieCorridor nord et SGR kényan : multimodal, en service en partieCorridor LAPSSET (Lamu, Soudan du Sud, Éthiopie) : multimodal, en service en partieChemin de fer Djibouti-Addis-Abeba : rail, en serviceCorridor autoroutier Abidjan-Lagos : route, en projetChemin de fer Dakar-Bamako : rail, à l’arrêtGazoduc Nigeria-Maroc (gazoduc africain atlantique) : gazoduc, en projetGazoduc transsaharien (Nigeria, Niger, Algérie) : gazoduc, en travauxOléoduc Niger-Bénin : oléoduc, en serviceOléoduc d'Afrique de l'Est (EACOP) : oléoduc, en travauxCorridor de Nacala : rail, en service en partieCorridor de Maputo : multimodal, en serviceRoute transsaharienne Alger-Lagos : route, en service en partieCorridor Douala-Bangui : route, en serviceCorridor Douala-N'Djamena : route, en serviceChemin de fer Abidjan-Ouagadougou : rail, en serviceMombasaKigaliNairobiNaivashaKisumuMalabaKampala
en serviceen travaux ou en partieen projet ou à l’arrêtTracés simplifiés par les villes principales.

Fiches des corridors

Corridor de Lobito

Angola, RDC, Zambie

Le corridor donne aux mines de cuivre et de cobalt du Katanga et du Copperbelt zambien une sortie atlantique, qui ferait gagner environ sept jours sur les autres itinéraires. La ligne angolaise d'environ 1 300 km jusqu'à Luau, prolongée d'environ 450 km vers Kolwezi, est gérée par un consortium privé adossé à des financements publics américains et sud-africains : un levier logistique majeur échappe ainsi en partie aux États traversés. Pour l'Angola, la RDC et la Zambie, l'enjeu est de capter de la valeur locale plutôt que de servir seulement de couloir d'exportation de minerais bruts.

Acteurs : La concession ferroviaire angolaise de 30 ans est exploitée par Lobito Atlantic Railway (Trafigura, Mota-Engil, Vecturis), financée à hauteur de 753 millions de dollars par l'US DFC (553 millions) et la DBSA (200 millions), avec l'Africa Finance Corporation comme conseiller ; la Banque africaine de développement cofinance le volet zambien du corridor.

Dernier fait : Le 6 août 2026, la Banque africaine de développement a annoncé un prêt de 255 millions de dollars du Fonds africain de développement et un don de 10 millions pour le projet de corridor économique intégré de Lobito en Zambie, qui prévoit environ 550 km d'infrastructures ferroviaires nouvelles et la modernisation de 105 km de route entre Mwinilunga et Jimbe.

Sources : Banque africaine de développement (via AllAfrica), « Zambia: African Development Bank Group Approves $255m Loan and $10m Grant to Advance the Lobito Economic Corridor », 6 août 2026 ; Creamer Media, « Lobito Atlantic Railway project, Angola, update », 9 janvier 2026

Type
Rail
Statut
En service en partie
Tracé
Lobito, Huambo, Luena, Luau, Kolwezi, Lubumbashi, Ndola

Chemin de fer TAZARA (Tanzanie-Zambie)

Tanzanie, Zambie

La ligne relie le Copperbelt zambien au port de Dar es Salaam et reste un actif historique de la coopération sino-africaine, cinquante ans après sa mise en service. Le manque de locomotives et de wagons a désorganisé le fret comme le transport de voyageurs. La concession à un groupe public chinois doit relancer la capacité, mais confie à un opérateur étranger la gestion d'un axe stratégique pour deux États.

Acteurs : La Tanzanie et la Zambie ont confié la ligne pour 30 ans à la China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC), qui investit 1,4 milliard de dollars, dont 1 milliard pour les voies et 400 millions pour 32 locomotives et 762 wagons, avant de l'exploiter pendant 27 ans.

Dernier fait : Le 17 juillet 2026, à Dar es Salaam, la première pierre d'un centre de formation et d'un centre de contrôle des opérations a été posée, l'un des premiers chantiers d'infrastructure de la revitalisation confiée à la CCECC, à l'occasion des 50 ans d'exploitation de la ligne.

Sources : Xinhua (via The Star, Malaisie), « Groundbreaking of key facilities marks new progress in TAZARA revitalization », 18 juillet 2026 ; North Africa Post, « China’s CCECC to invest $1.4bn into Tanzania-Zambia railway upgrade for 30-year concession », 24 mars 2025

Type
Rail
Statut
En service
Longueur
1 860 km
Tracé
Dar es Salaam, Makambako, Mbeya, Tunduma, Mpika, Kapiri Mposhi

Corridor central et SGR tanzanien

Tanzanie, Burundi

Le corridor central relie Dar es Salaam aux pays enclavés des Grands Lacs et concurrence directement le corridor nord kényan. La nouvelle voie standard, en service commercial par sections depuis 2024, doit atteindre le lac Tanganyika à Kigoma, porte d'entrée vers le Burundi et l'est de la RDC. Le recours à des entreprises chinoises et à l'emprunt pour les nouvelles sections reste le principal point de vigilance.

Acteurs : La Tanzania Railways Corporation pilote le réseau ; la section Tabora-Kigoma (506 km, 2,74 milliards de dollars) est construite par les chinois CRCC et CCECC, et la ligne Uvinza-Musongati (282 km, 2,15 milliards de dollars) par CREGC et CREDC pour le compte de la Tanzanie et du Burundi.

Dernier fait : Le 20 juillet 2026, à Kigoma, la présidente Samia SULUHU HASSAN a officiellement lancé la construction de la section Tabora-Kigoma (506 km, 2,74 milliards de dollars), dont le chantier était déjà avancé à plus de 10 %, dans un réseau de voie standard prévu de 2 809 km.

Sources : TanzaniaInvest, « Tanzania Begins Construction of USD 2.74 Billion Tabora-Kigoma SGR Railway Section », 20 juillet 2026 ; The Guardian (IPP Media, Tanzanie), « Samia underscores peace as foundation for development at Tabora-Kigoma SGR launch », 20 juillet 2026

Type
Rail
Statut
En service en partie
Tracé
Dar es Salaam, Morogoro, Dodoma, Tabora, Uvinza, Musongati

Corridor nord et SGR kényan

Kenya, Ouganda, Rwanda

Le corridor nord relie le port de Mombasa à l'Ouganda, au Rwanda et aux autres pays enclavés des Grands Lacs. Arrêtée à Naivasha pendant près de sept ans faute de financement, la voie standard kényane n'atteint toujours pas la frontière ougandaise, ce qui limite son intérêt pour le transit régional face au corridor central tanzanien. Faute d'accord avec les prêteurs chinois, Nairobi combine crédits budgétaires, emprunts et partenariats avec des constructeurs chinois, tandis que Kampala s'est tourné vers un constructeur turc, au prix de délais plus longs.

Acteurs : Kenya Railways pilote l'extension de la voie standard, en service de Mombasa à Naivasha depuis 2019 ; les travaux vers Malaba, d'un coût annoncé de 549 milliards de shillings, sont menés par le chinois China Road and Bridge Corporation (CRBC), et le Trésor kényan réoriente des crédits vers ce tronçon après le retrait des bailleurs initiaux ; en Ouganda, la ligne Malaba-Kampala a été confiée au turc Yapi Merkezi.

Dernier fait : Le 19 mars 2026, à Narok, le président William RUTO a lancé les travaux de l'extension Naivasha-Kisumu-Malaba, soit environ 370 km (264 km jusqu'à Kisumu, puis 107 km jusqu'à la frontière ougandaise), dont l'achèvement est annoncé pour juin 2027.

Sources : Agence Ecofin, « Kenya Launches Long-Delayed Rail Extension to Link Network to Uganda », 20 mars 2026 ; Capital FM (Kenya), « Ruto breaks ground on Sh549bn Naivasha-Malaba SGR extension », 19 mars 2026

Type
Multimodal
Statut
En service en partie
Tracé
Mombasa, Nairobi, Naivasha, Kisumu, Malaba, Kampala, Kigali

Corridor LAPSSET (Lamu, Soudan du Sud, Éthiopie)

Kenya, Éthiopie

Le LAPSSET devait offrir à l'Éthiopie et au Soudan du Sud un second accès à la mer, pour réduire leur dépendance envers Djibouti et Mombasa. Hors du port de Lamu, dont seuls les trois premiers postes sur 32 prévus sont en service, le réseau routier présente encore des tronçons manquants et la voie ferrée vers l'Éthiopie n'a pas été commencée. Longtemps sous-utilisé, le port enregistre un regain d'escales en 2026, mais faute de financement régional coordonné, le corridor demeure surtout un projet kényan.

Acteurs : Lancé en mars 2012 par le Kenya, l'Éthiopie et le Soudan du Sud, le programme est porté côté kényan par l'Autorité LAPSSET, l'Autorité portuaire (KPA) et l'agence routière KeNHA ; les trois premiers postes du port de Lamu ont été construits par le chinois CCCC sur fonds publics kényans.

Dernier fait : Le 11 mai 2026, The Star rapporte que le port de Lamu a accueilli le porte-conteneurs Baltimore Express de Hapag-Lloyd (369 m), le plus grand navire jamais reçu par un port d'Afrique de l'Est et centrale, et que plus de 120 navires y ont fait escale depuis le début de l'année.

Sources : The Star (Kenya), « Lamu port receives largest vessel to call on East, Central Africa harbours », 11 mai 2026 ; Fondation Friedrich Naumann, « Bet gone wrong, odds have shifted », 14 septembre 2026

Type
Multimodal
Statut
En service en partie
Tracé
Lamu, Garissa, Isiolo, Marsabit, Moyale, Hawassa, Addis-Abeba

Chemin de fer Djibouti-Addis-Abeba

Djibouti, Éthiopie

La ligne électrifiée est l'artère ferroviaire de l'Éthiopie, pays enclavé très dépendant du port de Djibouti. Son raccordement direct aux terminaux de Doraleh et d'Horizon, puis au terminal pétrolier de Damerjog, doit réduire le recours aux camions, environ 350 par jour pour le seul carburant. La dette de construction, le manque de locomotives et la dépendance à un seul débouché maritime limitent la marge de manœuvre d'Addis-Abeba.

Acteurs : Construite par la Chine puis transférée, la ligne est exploitée par Ethio-Djibouti Railway (EDR) avec un personnel désormais éthiopien et djiboutien ; la CCECC y intervient comme conseil technique et l'État éthiopien rembourse encore les prêts liés au projet.

Dernier fait : Le 17 février 2026, à Djibouti, la commission ferroviaire mixte éthio-djiboutienne a décidé de raccorder à la ligne le port polyvalent de Doraleh et le terminal pétrolier Horizon, avec un objectif fixé à novembre 2026 selon Capital.

Sources : Capital (Éthiopie), « Ethiopia and Djibouti Seal Deal to Link Strategic Ports to Railway by 2026 », 22 février 2026 ; The Reporter (Éthiopie), « Ethiopia, China in Talks to Upgrade Ethio-Djibouti Railway », 2 août 2025

Type
Rail
Statut
En service
Longueur
760 km
Tracé
Djibouti, Ali Sabieh, Dire Dawa, Adama, Addis-Abeba

Corridor autoroutier Abidjan-Lagos

Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin, Nigeria

L'autoroute à six voies doit relier les principales villes portuaires du golfe de Guinée, de Côte d'Ivoire au Nigeria. Estimée à 15 milliards de dollars, elle dépend de la capacité des États à mobiliser financements souverains, garanties, finance climat et capitaux privés. Une autorité supranationale de gestion, si elle fonctionne, donnerait aux pays côtiers un outil commun pour coordonner construction et exploitation.

Acteurs : Les cinq États riverains, réunis au sein de l'Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA), préparent le projet avec la CEDEAO, la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) et la Banque africaine de développement, chef de file du financement, qui a engagé 25 millions de dollars pour les études techniques, avec l'appui de l'Union européenne.

Dernier fait : Les 11 et 12 juin 2026, le conseil d'administration de l'ALCoMA a tenu sa première réunion à Lagos et élu à sa présidence le Béninois Wilfrid Lauriano DO REGO ; la BAD discute d'une enveloppe de 500 millions de dollars issue notamment du Fonds africain de développement (FAD-17), et l'ouverture progressive des sections à la circulation est visée à partir de 2030.

Sources : CEDEAO, « The Board of Directors of the Abidjan-Lagos Corridor Management Authority (ALCoMA) hold momentous first meeting in Lagos, Nigeria », 21 juin 2026 ; Agence Ecofin, « Abidjan-Lagos Highway Moves Toward Investment Phase with New Corridor Authority in Place », 29 juin 2026

Type
Route
Statut
En projet
Longueur
1 081 km
Tracé
Abidjan, Accra, Lomé, Cotonou, Lagos

Chemin de fer Dakar-Bamako

Sénégal, Mali

Longue de 1 286 km, la ligne était l'accès ferroviaire historique du Mali au port de Dakar, mais la liaison internationale ne fonctionne plus et sa réhabilitation accumule les retards depuis plus de quinze ans. Le Sénégal relance d'abord le tronçon Dakar-Tambacounda en voie métrique, avant une éventuelle voie standard vers Kidira. Aucune des sources consultées ne fixe de calendrier pour la jonction avec le réseau malien, ce qui laisse Bamako dépendant de la route.

Acteurs : Placée sous la société interétatique sénégalo-malienne Dakar-Bamako Ferroviaire après la fin de la concession privée, la ligne fait l'objet côté sénégalais d'un plan de relance porté en février 2026 par le Premier ministre Ousmane SONKO et le ministre Yankhoba DIÉMÉ ; côté malien, SOPAFER-Mali avait relancé en juin 2023 un service voyageurs entre Bamako et Kayes, sans liaison avec le Sénégal.

Dernier fait : Le 20 février 2026, une réunion présidée par le Premier ministre Ousmane SONKO a retenu la remise en service de la ligne Dakar-Tambacounda en voie métrique, avec une phase d'exploitation sécurisée, et a évoqué une future voie standard prolongée vers Kidira et Kédougou.

Sources : Le Soleil (via AllAfrica), « Sénégal: Relance du rail, le gouvernement trace la nouvelle carte ferroviaire du Sénégal », 20 février 2026 ; Le360 Afrique, « Mali: le train reprend du service sur l'unique ligne du pays », 9 juin 2023

Type
Rail
Statut
À l’arrêt
Longueur
1 286 km
Tracé
Dakar, Thiès, Tambacounda, Kidira, Kayes, Bamako

Gazoduc Nigeria-Maroc (gazoduc africain atlantique)

Nigeria, Bénin, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Liberia, Sierra Leone, Guinée, Guinée-Bissau, Gambie, Sénégal, Mauritanie, Maroc

Le tracé, mêlant sections en mer et à terre, doit desservir 13 pays de la façade atlantique et acheminer jusqu'à 30 milliards de m3 de gaz par an, dont environ 15 vers le Maroc et l'Europe. Le projet ferait du Maroc un pivot énergétique entre l'Afrique de l'Ouest et l'Europe, en concurrence directe avec le gazoduc transsaharien porté par l'Algérie. L'accord signé en 2026 lève un obstacle politique, mais un coût estimé à environ 25 milliards de dollars et l'absence de décision finale d'investissement en font encore un pari diplomatique autant qu'industriel.

Acteurs : Le projet est porté par l'ONHYM marocain, dirigé par Amina BENKHADRA, et la NNPC nigériane ; l'accord intergouvernemental signé par les États de la CEDEAO prévoit une société de projet basée à Casablanca et une autorité de gouvernance installée à Abuja, tandis que la Banque islamique de développement et le Fonds de l'OPEP figurent parmi les financeurs pressentis.

Dernier fait : Le 19 juillet 2026, à Freetown, en marge du sommet de la CEDEAO, les chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO ont signé l'accord intergouvernemental du gazoduc ; le Maroc et la Mauritanie, non membres de l'organisation, doivent le signer lors d'une cérémonie distincte, avant la décision finale d'investissement, et la mise en service des premiers tronçons reste visée pour 2031.

Sources : Maghreb Arabe Presse (via maroc.ma), « Les pays de la CEDEAO adhèrent au Gazoduc Africain Atlantique Nigéria-Maroc initié par Sa Majesté le Roi Mohammed VI », 20 juillet 2026 ; Reuters (via Baird Maritime), « Nigeria and Morocco move closer to major Atlantic gas pipeline deal », 12 mai 2026

Type
Gazoduc
Statut
En projet
Longueur
6 900 km
Tracé
Lagos, Accra, Abidjan, Conakry, Dakar, Nouakchott, Tanger

Gazoduc transsaharien (Nigeria, Niger, Algérie)

Nigeria, Niger, Algérie

Le gazoduc doit relier les gisements nigérians au centre gazier algérien de Hassi R'Mel, puis aux infrastructures d'exportation vers l'Europe, pour 20 à 30 milliards de m3 par an. Il ferait de l'Algérie un pays de transit pour le gaz ouest-africain et concurrence directement le projet atlantique soutenu par le Maroc. La traversée du Niger, où les infrastructures pétrolières subissent des attaques depuis 2024, et l'absence de coût public consolidé restent les principales inconnues.

Acteurs : Le projet est développé par Sonatrach, la NNPC et la Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP), sous l'égide d'un comité de pilotage ministériel tripartite ; Sonatrach a lancé la construction du tronçon algérien, tandis que le financement des sections nigérienne et nigériane n'est pas rendu public.

Dernier fait : Le 4 juin 2026, le ministre d'État algérien des Hydrocarbures, Mohamed ARKAB, a lancé dans la région d'Aoulef (wilaya d'Adrar), en présence de ses homologues nigérian et nigérien, la construction du tronçon algérien, au lendemain de l'adoption à Alger du rapport final de l'étude de faisabilité actualisée.

Sources : Algérie Eco (d'après APS), « Projet de gazoduc transsaharien : lancement à Adrar des travaux du tronçon algérien du TSGP », 4 juin 2026 ; Algérie Presse Service (via AllAfrica), « Afrique: Gazoduc transsaharien, un corridor stratégique pour valoriser les ressources gazières africaines et renforcer les échanges avec l'Europe », 5 octobre 2026

Type
Gazoduc
Statut
En travaux
Longueur
4 130 km
Tracé
Warri, Kano, Zinder, Agadez, Tamanrasset, Hassi R'Mel

Oléoduc Niger-Bénin

Niger, Bénin

L'oléoduc a fait du Niger un exportateur de brut en reliant le bassin d'Agadem au terminal béninois de Sèmè, avec une capacité annoncée de 90 000 barils par jour. Il lie deux pays brouillés depuis le coup d'État de juillet 2023 à Niamey : la frontière restait fermée en février 2025, mais le brut continuait de transiter. Les accords de mai 2026 réduisent le coût du transport et ouvrent le capital de WAPCO à l'État nigérien, mais la CNPC, présente de l'extraction au transport, garde une position centrale dans la rente pétrolière du pays.

Acteurs : La West African Oil Pipeline Company (WAPCO), filiale de la China National Petroleum Corporation (CNPC), est maître d'ouvrage et exploitant de l'oléoduc ; la CNPC extrait aussi le brut d'Agadem, et l'État nigérien, qui ne recevait qu'une part minoritaire des cargaisons exportées, a obtenu en mai 2026 une participation de 45 % dans WAPCO, dont les modalités financières restent à négocier.

Dernier fait : Le 18 mai 2026, à Niamey, le Niger et des compagnies pétrolières chinoises ont signé des accords qui clôturent environ un an de tensions : l'État nigérien obtient 45 % de WAPCO, le tarif de transport par l'oléoduc passe de 27 à 15 dollars le baril, soit une économie estimée à 106 millions de dollars par an, et un milliard de dollars d'investissements doit porter la production de 110 000 à 145 000 barils par jour d'ici 2029.

Sources : Agence Ecofin, « A Billion-Dollar Handshake: Niger and China Settle a Year of Oil Tensions », 19 mai 2026 ; AFP (via Connaissance des Énergies), « Plus de 14 millions de barils de pétrole nigérien évacués via le Bénin », 24 février 2025

Type
Oléoduc
Statut
En service
Longueur
1 980 km
Tracé
Agadem, Zinder, Dosso, Malanville, Parakou, Sèmè-Kpodji

Oléoduc d'Afrique de l'Est (EACOP)

Ouganda, Tanzanie

EACOP doit acheminer vers le terminal de Chongoleani, près de Tanga, le brut des champs ougandais de Tilenga (TotalEnergies) et Kingfisher (CNOOC), avec une capacité maximale annoncée de 246 000 barils par jour. Il conditionne l'entrée de l'Ouganda parmi les exportateurs de pétrole et fait de la Tanzanie un pays de transit. Les compagnies étrangères contrôlent l'amont, ce qui pèse sur la part de la rente qui restera dans les deux pays.

Acteurs : L'oléoduc chauffé est porté par une coentreprise réunissant TotalEnergies, la chinoise CNOOC, l'Uganda National Oil Company (UNOC) et la Tanzania Petroleum Development Corporation (TPDC).

Dernier fait : Le 25 octobre 2026, le Daily Monitor rapporte un avancement de 91 % et l'achèvement attendu des systèmes électriques, de comptage et de télécommunications d'ici la mi-décembre 2026 ; le premier pétrole est attendu avant la fin de l'exercice budgétaire ougandais, qui s'achève en juin 2027.

Sources : Daily Monitor, « First oil is weeks away: Are you ready for it? Justice KIHIKA asks graduates », 25 octobre 2026 ; TanzaniaInvest, « East African Crude Oil Pipeline Reaches 82% Completion », 2 avril 2026

Type
Oléoduc
Statut
En travaux
Longueur
1 443 km
Tracé
Hoima, Masaka, Mutukula, Shinyanga, Singida, Tanga

Corridor de Nacala

Mozambique, Malawi, Zambie

En service depuis 2016, le corridor relie le port en eau profonde de Nacala à une ligne de 912 km conçue pour le charbon de la province de Tete, qui traverse le Malawi. Le port n'a utilisé que 35 % de sa capacité en 2024 : le Mozambique cherche à y attirer d'autres marchandises, notamment celles du Malawi et de la Zambie. Pour ces deux pays enclavés, la remise en état de la liaison Chipata-Mchinji offrirait la voie ferrée la plus courte vers l'océan Indien.

Acteurs : Le corridor ferroviaire et portuaire, un investissement de 4,5 milliards de dollars, a été développé par Vale (Brésil), Mitsui (Japon) et les Chemins de fer du Mozambique (CFM) ; fin 2021, Vale a annoncé sa cession, avec la mine de charbon de Moatize, à Vulcan Minerals, filiale du groupe indien Jindal. Le gouvernement de Daniel CHAPO lance un appel d'offres international pour la concession de l'extension du port.

Dernier fait : Le 11 février 2026, le gouvernement mozambicain a approuvé le lancement d'un appel d'offres international pour la concession de l'extension et de la modernisation du port de Nacala, qui a traité 3,5 millions de tonnes en 2024 pour une capacité de 10 millions.

Sources : Lusa (via AMAN Alliance), « Mozambique: Government to concession expansion of port of Nacala », 11 février 2026 ; NS Energy, « Vulcan Minerals to buy Vale coal assets in Mozambique for $270m », 22 décembre 2021

Type
Rail
Statut
En service en partie
Tracé
Nacala, Nampula, Cuamba, Liwonde, Lilongwe, Chipata

Corridor de Maputo

Afrique du Sud, Mozambique

Le corridor relie le cœur industriel et minier sud-africain au port de Maputo. Les engorgements du rail et des ports de Transnet ont poussé les producteurs de charbon, de chrome et de magnétite vers Maputo, souvent par camion. Le Mozambique en tire des redevances croissantes, 48,9 millions de dollars en 2025, mais son trafic reste tributaire des choix logistiques sud-africains.

Acteurs : Le port est concédé jusqu'en 2058 à la Maputo Port Development Company (MPDC), partenariat entre les CFM et Portus Indico (Grindrod, DP World, Mozambique Gestores) ; l'autoroute à péage N4 entre le Gauteng et Maputo a été réalisée sous concession par Trans African Concessions (TRAC).

Dernier fait : Le 13 janvier 2026, la MPDC a annoncé un record de 32 millions de tonnes traitées par le port de Maputo en 2025 (+3,4 %), avec des volumes ferroviaires de 11,7 millions de tonnes (+17 %).

Sources : Port of Maputo (MPDC), « Port of Maputo Achieves Historic Records in Volumes and Strengthens Its Contribution to National Development », 13 janvier 2026 ; Business Day, « Port of Maputo achieves record volumes in 2025 », 13 janvier 2026

Type
Multimodal
Statut
En service
Tracé
Pretoria, eMalahleni, Mbombela, Komatipoort, Maputo

Route transsaharienne Alger-Lagos

Algérie, Niger, Nigeria

L'axe central Alger-Lagos est l'épine dorsale d'un réseau de plus de 10 000 km censé relier le Maghreb au golfe de Guinée. Réalisée à plus de 90 %, la route reste inachevée au Mali, au Niger et au Tchad, alors que les tronçons algérien, tunisien et nigérian sont terminés. Pour Alger, elle sert aussi de couloir au gazoduc transsaharien et de levier de sa politique sahélienne.

Acteurs : Le Comité de liaison de la route transsaharienne (CLRT), dont la 77e session s'est tenue à Alger, coordonne six États (Algérie, Tunisie, Mali, Niger, Tchad, Nigeria) ; l'Algérie a contribué au financement du tronçon nigérien et des entreprises algériennes de travaux publics doivent réaliser deux sections au Tchad.

Dernier fait : Lors de la 77e session du CLRT, tenue à Alger les 8 et 9 juin 2026, le taux de réalisation a été annoncé à plus de 90 %, et des entreprises algériennes devaient lancer deux tronçons de 97 km et 85 km au Tchad.

Sources : Algérie Eco, « Route transsaharienne : Des entreprises algériennes lanceront prochainement les travaux de réalisation de deux tronçons au Tchad », 11 juin 2026 ; Horizons, « Route transsaharienne : DJELLAOUI présidera les travaux de la 77e session du Comité de liaison », 6 juin 2026

Type
Route
Statut
En service en partie
Longueur
4 500 km
Tracé
Alger, Ghardaïa, Tamanrasset, Agadez, Zinder, Kano, Lagos

Corridor Douala-Bangui

Cameroun, Centrafrique

Le corridor relie la Centrafrique, pays enclavé, au port de Douala et pèse directement sur le coût de ses importations. Sa modernisation est présentée par Yaoundé comme un outil d'intégration économique de l'Afrique centrale. Le financement repose presque entièrement sur des bailleurs extérieurs, au premier rang desquels la Banque mondiale, ce qui place le calendrier des travaux entre leurs mains.

Acteurs : Le Cameroun cherche 1,6 milliard de dollars pour moderniser les quelque 800 km du corridor sur son territoire ; la Banque mondiale, principal bailleur, a approuvé en juin 2026 un programme de 1,12 milliard de dollars qui couvre le Cameroun, la Centrafrique et la CEMAC.

Dernier fait : Le 12 juin 2026, la Banque mondiale a approuvé un programme en plusieurs phases de 1,12 milliard de dollars pour moderniser le corridor Douala-Bangui ; la première phase, de 525 millions de dollars, réserve 425 millions au Cameroun, 90 millions à la Centrafrique et 10 millions à la CEMAC.

Sources : Banque mondiale, « La Banque mondiale approuve un programme de 1,12 milliard de dollars pour moderniser le corridor économique Douala-Bangui », 12 juin 2026 ; Financial Afrik, « Cameroun : le gouvernement entend mobiliser 1,6 milliard USD pour le corridor Douala-Bangui », 20 avril 2026

Type
Route
Statut
En service
Tracé
Douala, Edéa, Yaoundé, Bertoua, Garoua-Boulaï, Bouar, Bangui

Corridor Douala-N'Djamena

Cameroun, Tchad

Le corridor relie le Tchad, pays enclavé, au port de Douala à travers le nord du Cameroun. Dégradé depuis près de vingt ans, le tronçon Ngaoundéré-Garoua (278 km) pénalise le transit et les opérateurs économiques du nord camerounais. Sa reconstruction repose sur un financement multilatéral et des entreprises chinoises, sans maîtrise d'œuvre nationale mise en avant.

Acteurs : La Banque africaine de développement a accordé en mars 2025 un prêt de 330,48 millions d'euros (environ 217 milliards de FCFA) pour la reconstruction de l'axe Ngaoundéré-Garoua ; les marchés de travaux, d'environ 182 milliards de FCFA, ont été attribués à des entreprises chinoises dont CGCOC.

Dernier fait : Le 10 août 2026, le ministre des Travaux publics Emmanuel NGANOU DJOUMESSI a lancé à Gouna les travaux de reconstruction de l'axe Ngaoundéré-Garoua, prévus sur 24 mois ; les trois lots de la région du Nord (189 km) sont confiés à quatre entreprises chinoises.

Sources : Cameroon Tribune, « Reconstruction de l'axe Ngaoundéré-Garoua : les travaux lancés », 11 août 2026 ; Banque africaine de développement (via AllAfrica), « Réhabilitation de la route Ngaoundéré-Garoua : la BAD accorde un prêt de 330,48 millions d'euros au Cameroun », mars 2025

Type
Route
Statut
En service
Tracé
Douala, Yaoundé, Ngaoundéré, Garoua, Maroua, N'Djamena

Chemin de fer Abidjan-Ouagadougou

Côte d’Ivoire, Burkina Faso

La ligne à voie métrique donne au Burkina Faso, pays enclavé, un accès ferroviaire au port d'Abidjan. Elle transportait environ 800 000 tonnes de fret par an en 2018, loin des 5 millions visés après modernisation. La concession confie à un opérateur privé étranger l'exploitation et l'entretien de la voie, et laisse aux deux États un rôle de concédants plus que de gestionnaires.

Acteurs : La ligne est exploitée sous concession par Sitarail, filiale d'Africa Global Logistics (AGL) après avoir appartenu au groupe Bolloré, chargée depuis la concession révisée de 2016 de l'exploitation, de l'entretien et du renouvellement de l'infrastructure.

Dernier fait : Le 16 février 2026, Sitarail a mis en service à Bobo-Dioulasso quatre nouvelles locomotives GL 30 de 3 000 chevaux, un investissement de plus de 7 milliards de FCFA, en présence du ministre burkinabè de la Construction de la Patrie, Mikaïlou SIDIBÉ.

Sources : Sidwaya (via AllAfrica), « Burkina Faso: Transport ferroviaire, Sitarail se dote de 4 nouvelles locomotives de dernière génération », 17 février 2026 ; Railway Gazette International, « Sitarail modernisation underway », 23 janvier 2018

Type
Rail
Statut
En service
Longueur
1 260 km
Tracé
Abidjan, Bouaké, Ferkessédougou, Bobo-Dioulasso, Ouagadougou

Tracés simplifiés reliant les villes principales, à lire comme des schémas et non comme des relevés. Statuts et faits vérifiés à la date de publication ; signalez-nous toute évolution. Pour une analyse d’un corridor ou d’une filière, commandez un rapport.