Le Panafricain

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Qui décide quand un masque est rentré chez lui ?

Les Héritiers des Masques, Tome 1 : Le Souffle de Bruxelles. Le thriller du plus grand casse jamais tenté : reprendre à l’Europe ce qu’elle a pris à l’Afrique.

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Les grands corridors africains

Rail, routes, oléoducs et gazoducs : les tracés qui relient les mines aux ports, désenclavent l’intérieur du continent et redessinent les rapports de force. Pour chacun, qui finance, qui exploite, où en est le chantier et ce qui a changé récemment.

18

corridors suivis

33

pays traversés

13

en service, en tout ou partie

4

en projet ou en travaux

ZimbabweZambieOugandaTunisieTogoTanzanieEswatiniSoudan du SudSoudanAfrique du SudSomalieSierra LeoneSeychellesSénégalSao Tomé-et-PrincipeRwandaNigeriaNigerNamibieMozambiqueMarocSahara occidentalîle MauriceMauritanieMaliMalawiMadagascarLibyeLiberiaLesothoKenyaGuinée-BissauGuinéeGhanaGambieGabonÉthiopieÉrythréeGuinée équatorialeÉgypteDjiboutiCôte d’IvoireRDCCongo-BrazzavilleComoresTchadCentrafriqueCap-VertCamerounBurundiBurkina FasoBotswanaBéninAngolaAlgérieChemin de fer TAZARA (Tanzanie-Zambie) : rail, en serviceChemin de fer Djibouti-Addis-Abeba : rail, en serviceOléoduc Niger-Bénin : oléoduc, en serviceCorridor de Maputo : multimodal, en serviceCorridor Douala-Bangui : route, en serviceCorridor Douala-N'Djamena : route, en serviceChemin de fer Abidjan-Ouagadougou : rail, en serviceDar es SalaamKapiri MposhiDjiboutiAddis-AbebaAgademSèmè-KpodjiPretoriaMaputoDoualaBanguiN'DjamenaAbidjanOuagadougou
en serviceen travaux ou en partieen projet ou à l’arrêtTracés simplifiés par les villes principales.

Fiches des corridors

Chemin de fer TAZARA (Tanzanie-Zambie)

Tanzanie, Zambie

La ligne relie le Copperbelt zambien au port de Dar es Salaam et reste un actif historique de la coopération sino-africaine, cinquante ans après sa mise en service. Le manque de locomotives et de wagons a désorganisé le fret comme le transport de voyageurs. La concession à un groupe public chinois doit relancer la capacité, mais confie à un opérateur étranger la gestion d'un axe stratégique pour deux États.

Acteurs : La Tanzanie et la Zambie ont confié la ligne pour 30 ans à la China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC), qui investit 1,4 milliard de dollars, dont 1 milliard pour les voies et 400 millions pour 32 locomotives et 762 wagons, avant de l'exploiter pendant 27 ans.

Dernier fait : Le 17 juillet 2026, à Dar es Salaam, la première pierre d'un centre de formation et d'un centre de contrôle des opérations a été posée, l'un des premiers chantiers d'infrastructure de la revitalisation confiée à la CCECC, à l'occasion des 50 ans d'exploitation de la ligne.

Sources : Xinhua (via The Star, Malaisie), « Groundbreaking of key facilities marks new progress in TAZARA revitalization », 18 juillet 2026 ; North Africa Post, « China’s CCECC to invest $1.4bn into Tanzania-Zambia railway upgrade for 30-year concession », 24 mars 2025

Type
Rail
Statut
En service
Longueur
1 860 km
Tracé
Dar es Salaam, Makambako, Mbeya, Tunduma, Mpika, Kapiri Mposhi

Chemin de fer Djibouti-Addis-Abeba

Djibouti, Éthiopie

La ligne électrifiée est l'artère ferroviaire de l'Éthiopie, pays enclavé très dépendant du port de Djibouti. Son raccordement direct aux terminaux de Doraleh et d'Horizon, puis au terminal pétrolier de Damerjog, doit réduire le recours aux camions, environ 350 par jour pour le seul carburant. La dette de construction, le manque de locomotives et la dépendance à un seul débouché maritime limitent la marge de manœuvre d'Addis-Abeba.

Acteurs : Construite par la Chine puis transférée, la ligne est exploitée par Ethio-Djibouti Railway (EDR) avec un personnel désormais éthiopien et djiboutien ; la CCECC y intervient comme conseil technique et l'État éthiopien rembourse encore les prêts liés au projet.

Dernier fait : Le 17 février 2026, à Djibouti, la commission ferroviaire mixte éthio-djiboutienne a décidé de raccorder à la ligne le port polyvalent de Doraleh et le terminal pétrolier Horizon, avec un objectif fixé à novembre 2026 selon Capital.

Sources : Capital (Éthiopie), « Ethiopia and Djibouti Seal Deal to Link Strategic Ports to Railway by 2026 », 22 février 2026 ; The Reporter (Éthiopie), « Ethiopia, China in Talks to Upgrade Ethio-Djibouti Railway », 2 août 2025

Type
Rail
Statut
En service
Longueur
760 km
Tracé
Djibouti, Ali Sabieh, Dire Dawa, Adama, Addis-Abeba

Oléoduc Niger-Bénin

Niger, Bénin

L'oléoduc a fait du Niger un exportateur de brut en reliant le bassin d'Agadem au terminal béninois de Sèmè, avec une capacité annoncée de 90 000 barils par jour. Il lie deux pays brouillés depuis le coup d'État de juillet 2023 à Niamey : la frontière restait fermée en février 2025, mais le brut continuait de transiter. Les accords de mai 2026 réduisent le coût du transport et ouvrent le capital de WAPCO à l'État nigérien, mais la CNPC, présente de l'extraction au transport, garde une position centrale dans la rente pétrolière du pays.

Acteurs : La West African Oil Pipeline Company (WAPCO), filiale de la China National Petroleum Corporation (CNPC), est maître d'ouvrage et exploitant de l'oléoduc ; la CNPC extrait aussi le brut d'Agadem, et l'État nigérien, qui ne recevait qu'une part minoritaire des cargaisons exportées, a obtenu en mai 2026 une participation de 45 % dans WAPCO, dont les modalités financières restent à négocier.

Dernier fait : Le 18 mai 2026, à Niamey, le Niger et des compagnies pétrolières chinoises ont signé des accords qui clôturent environ un an de tensions : l'État nigérien obtient 45 % de WAPCO, le tarif de transport par l'oléoduc passe de 27 à 15 dollars le baril, soit une économie estimée à 106 millions de dollars par an, et un milliard de dollars d'investissements doit porter la production de 110 000 à 145 000 barils par jour d'ici 2029.

Sources : Agence Ecofin, « A Billion-Dollar Handshake: Niger and China Settle a Year of Oil Tensions », 19 mai 2026 ; AFP (via Connaissance des Énergies), « Plus de 14 millions de barils de pétrole nigérien évacués via le Bénin », 24 février 2025

Type
Oléoduc
Statut
En service
Longueur
1 980 km
Tracé
Agadem, Zinder, Dosso, Malanville, Parakou, Sèmè-Kpodji

Corridor de Maputo

Afrique du Sud, Mozambique

Le corridor relie le cœur industriel et minier sud-africain au port de Maputo. Les engorgements du rail et des ports de Transnet ont poussé les producteurs de charbon, de chrome et de magnétite vers Maputo, souvent par camion. Le Mozambique en tire des redevances croissantes, 48,9 millions de dollars en 2025, mais son trafic reste tributaire des choix logistiques sud-africains.

Acteurs : Le port est concédé jusqu'en 2058 à la Maputo Port Development Company (MPDC), partenariat entre les CFM et Portus Indico (Grindrod, DP World, Mozambique Gestores) ; l'autoroute à péage N4 entre le Gauteng et Maputo a été réalisée sous concession par Trans African Concessions (TRAC).

Dernier fait : Le 13 janvier 2026, la MPDC a annoncé un record de 32 millions de tonnes traitées par le port de Maputo en 2025 (+3,4 %), avec des volumes ferroviaires de 11,7 millions de tonnes (+17 %).

Sources : Port of Maputo (MPDC), « Port of Maputo Achieves Historic Records in Volumes and Strengthens Its Contribution to National Development », 13 janvier 2026 ; Business Day, « Port of Maputo achieves record volumes in 2025 », 13 janvier 2026

Type
Multimodal
Statut
En service
Tracé
Pretoria, eMalahleni, Mbombela, Komatipoort, Maputo

Corridor Douala-Bangui

Cameroun, Centrafrique

Le corridor relie la Centrafrique, pays enclavé, au port de Douala et pèse directement sur le coût de ses importations. Sa modernisation est présentée par Yaoundé comme un outil d'intégration économique de l'Afrique centrale. Le financement repose presque entièrement sur des bailleurs extérieurs, au premier rang desquels la Banque mondiale, ce qui place le calendrier des travaux entre leurs mains.

Acteurs : Le Cameroun cherche 1,6 milliard de dollars pour moderniser les quelque 800 km du corridor sur son territoire ; la Banque mondiale, principal bailleur, a approuvé en juin 2026 un programme de 1,12 milliard de dollars qui couvre le Cameroun, la Centrafrique et la CEMAC.

Dernier fait : Le 12 juin 2026, la Banque mondiale a approuvé un programme en plusieurs phases de 1,12 milliard de dollars pour moderniser le corridor Douala-Bangui ; la première phase, de 525 millions de dollars, réserve 425 millions au Cameroun, 90 millions à la Centrafrique et 10 millions à la CEMAC.

Sources : Banque mondiale, « La Banque mondiale approuve un programme de 1,12 milliard de dollars pour moderniser le corridor économique Douala-Bangui », 12 juin 2026 ; Financial Afrik, « Cameroun : le gouvernement entend mobiliser 1,6 milliard USD pour le corridor Douala-Bangui », 20 avril 2026

Type
Route
Statut
En service
Tracé
Douala, Edéa, Yaoundé, Bertoua, Garoua-Boulaï, Bouar, Bangui

Corridor Douala-N'Djamena

Cameroun, Tchad

Le corridor relie le Tchad, pays enclavé, au port de Douala à travers le nord du Cameroun. Dégradé depuis près de vingt ans, le tronçon Ngaoundéré-Garoua (278 km) pénalise le transit et les opérateurs économiques du nord camerounais. Sa reconstruction repose sur un financement multilatéral et des entreprises chinoises, sans maîtrise d'œuvre nationale mise en avant.

Acteurs : La Banque africaine de développement a accordé en mars 2025 un prêt de 330,48 millions d'euros (environ 217 milliards de FCFA) pour la reconstruction de l'axe Ngaoundéré-Garoua ; les marchés de travaux, d'environ 182 milliards de FCFA, ont été attribués à des entreprises chinoises dont CGCOC.

Dernier fait : Le 10 août 2026, le ministre des Travaux publics Emmanuel NGANOU DJOUMESSI a lancé à Gouna les travaux de reconstruction de l'axe Ngaoundéré-Garoua, prévus sur 24 mois ; les trois lots de la région du Nord (189 km) sont confiés à quatre entreprises chinoises.

Sources : Cameroon Tribune, « Reconstruction de l'axe Ngaoundéré-Garoua : les travaux lancés », 11 août 2026 ; Banque africaine de développement (via AllAfrica), « Réhabilitation de la route Ngaoundéré-Garoua : la BAD accorde un prêt de 330,48 millions d'euros au Cameroun », mars 2025

Type
Route
Statut
En service
Tracé
Douala, Yaoundé, Ngaoundéré, Garoua, Maroua, N'Djamena

Chemin de fer Abidjan-Ouagadougou

Côte d’Ivoire, Burkina Faso

La ligne à voie métrique donne au Burkina Faso, pays enclavé, un accès ferroviaire au port d'Abidjan. Elle transportait environ 800 000 tonnes de fret par an en 2018, loin des 5 millions visés après modernisation. La concession confie à un opérateur privé étranger l'exploitation et l'entretien de la voie, et laisse aux deux États un rôle de concédants plus que de gestionnaires.

Acteurs : La ligne est exploitée sous concession par Sitarail, filiale d'Africa Global Logistics (AGL) après avoir appartenu au groupe Bolloré, chargée depuis la concession révisée de 2016 de l'exploitation, de l'entretien et du renouvellement de l'infrastructure.

Dernier fait : Le 16 février 2026, Sitarail a mis en service à Bobo-Dioulasso quatre nouvelles locomotives GL 30 de 3 000 chevaux, un investissement de plus de 7 milliards de FCFA, en présence du ministre burkinabè de la Construction de la Patrie, Mikaïlou SIDIBÉ.

Sources : Sidwaya (via AllAfrica), « Burkina Faso: Transport ferroviaire, Sitarail se dote de 4 nouvelles locomotives de dernière génération », 17 février 2026 ; Railway Gazette International, « Sitarail modernisation underway », 23 janvier 2018

Type
Rail
Statut
En service
Longueur
1 260 km
Tracé
Abidjan, Bouaké, Ferkessédougou, Bobo-Dioulasso, Ouagadougou

Tracés simplifiés reliant les villes principales, à lire comme des schémas et non comme des relevés. Statuts et faits vérifiés à la date de publication ; signalez-nous toute évolution. Pour une analyse d’un corridor ou d’une filière, commandez un rapport.